Un solo théâtral pour sublimer ce qui fait mal, transformer le plomb en or et voir l'alchimiste en soi.

Théâtre des Montreurs d'Images — Genève

9, rue Michel Simon, 1205 Genève

du 21 octobre au 20 novembre 2022

vendredi & samedi à 19h, dimanche à 17h

reservations@holyshit-show.ch

Dossier de presse

Le spectacle en mots et en images

Écriture, conception et jeu
Sarah Marcuse
Co-mise en scène et direction d’acteur
Madeleine Raykov
Graphisme & conception affiche
Nicole Rossi & Atelier Litho
Site Internet
Christian Morel
Diffusion & presse
Sibylle Blanc
Accueil, billetterie & son
Lara Beswick
Chapitres-clips
Sarah Perrig, Nicole Rossi & Sarah Marcuse
Administration & comptabilité
Chantal Noirjean
 
 
Le texte est publié aux éditions

Holyshit!

et la Cie La Fourmilière

sont soutenus par

le DIP - Fonds de transformation, la Loterie Romande, le service Culturel de la Ville de Genève - bourse de recherche, la Fondation Jan Michalski, le fonds Action intermittence.

En partenariat avec le cinéma Cinélux, Satoriz et la librairie Payot.

La Cie La Fourmilière a été fondée en 2002 par Sarah Marcuse.

Sarah Marcuse - photo Dominique Ballesphoto Dominique Balles

Elle est à l’origine d’une vingtaine de spectacles ou évènements tels que le Chat du Rabbin d’après Joann Sfar (Théâtre des Mathurins - Paris, Genève, Neuchâtel, Vevey, Lausanne, St-Étienne), le Poisson Belge de Léonore Confino (Festival d’Avignon, Lausanne, Neuchâtel, Genève), L’invisible chemin de Sarah Marcuse (Nouméa - Nouvelle Calédonie, Genève) et le Samadhi Project (Genève), un événement au carrefour du théâtre et des sciences, un manifeste artistique pour incarner la Paix.

Dossier de presse

Comment on parle de
ça?

Quand on en parle est-ce que ça fait mal ? Est-ce que ça fait mal ou est-ce que ça fait peur ? Peur d’avoir mal et mal d’avoir peur ? Comment on parle de ça ?

Pourquoi on parle de ça ?

Quand on en parle, ça nettoie ? Est-ce que, un jour, ça disparaît ? ça disparaît où ? Est-ce que ça peut aussi être porteur d’avoir vécu ça ? Puisque ça, c’est fait et qu’on ne peut rien y changer, est-ce que ça peut devenir autre chose qu’une douleur ? Je veux dire à part une armure, un arc, une kalachnikov ou une ceinture de chasteté ?

Est-ce que je peux sculpter ça, le modeler, le façonner avec ma poésie et mes doigts d’artiste de manière à ce que ça sorte de mon corps en douceur ? Est-ce qu’ il y a en moi des enzymes suffisamment puissants voire agressifs pour digérer ça ? Le métaboliser ? Est ce que ça peut devenir une loupe, un phare, une étincelle, un truc qui éclaire ?

Est-ce que ça peut devenir quelque chose de beau ?

Est ce que ça m’a rendue plus peureuse ? Plus tricheuse, plus courageuse, plus effacée ? Illimitée ? Déterminée, poreuse, perdue, puissante, dysfonctionnelle, empathique ou poétique ?

Tout ça ?

Oui.

Alors ça m’aurait rendue plutôt plus… tout… que moins…? C’est énorme, ça. Mais… qu’est ce que je vais pouvoir faire de tout ça ? Ça se bouscule en moi, ça fuse, ça me chahute. C’est trop.

Ça pourrait s’appeler… une énorme richesse ? Ce que je sentais lourd comme plomb, avec le temps ça pourrait devenir de l’or ?

Vraiment ?

Mais comment ?

C'est l'histoire de mon ça

L’histoire de comment j’ai expérimenté, obstinément, tout ce qui me libérerait possiblement de l’abus sexuel vécu et des effets collatéraux qui empoisonnent ma vie.

Holyshit! C’est l’histoire de comment j’ai décidé d’en parler. Avec AMOUR. Et même avec humour.

Pour faire la paix. En moi. Et autour de moi.

Holyshit! C’est aussi l’histoire d’un pari. Celui de suivre jusqu’au bout ce fil d’argent, cette intuition qui, du plus loin que je me souvienne, malgré ma peur et mes doutes, ne m’a jamais quittée :

Est-ce que je peux sublimer ce trauma de mon enfance ?

C’est cette quête intime et universelle que je souhaite partager.

Les bonus de Holyshit!

au théâtre, au cinéma, en littérature

Holyshit! C’est aussi des rencontres avec des artistes, des auteurs-es, des réalisateurs-trices.

Des moments de discussions pour partager l’idée qu’il y a autant de clefs de résilience que d’individus et que l’art et la créativité sont de puissants catalyseurs d’intégration, d’alchimisation de nos blessures profondes.

Holyshit! est un objet scénique qui s’offre le luxe de passer de la scène à l’écran et d’être transposé pour le net.

Non pas du théâtre filmé ! Pas du tout ! Une belle métamorphose vers un format inédit pour parler de ça de manière poétique et ludique.

Ainsi il va titiller un large public plus « connecté » que théatrophile et permettre d’aborder la question des abus et de la résilience dans un format « à plat », en clip et transmissible en un clic…

Ainsi la possibilité et le rêve de servir de support de discussion pour des classes de cycle et de collège.

Patience

Bientôt, bientôt…
4 chapitres de cette histoire en mode clip pour aller plus loin.

Holyshit! & Cinélux

proposent 4 évènements complices pour transcender

Des films qui ont en commun d’avoir transposé ça.
Des regards d’artistes pour quitter la souffrance, transformer, grandir.
En présence des réalisatrices et de Sarah Marcuse.

Les Chatouilles

Les chatouilles

de Andréa Bescond & Eric Metayer

14/11/22 à 18h

Une plongée au coeur de la pédophilie et du déni qui l'entoure par la danse et au travers du corps en mouvement d’Andrea Bescond, sujet, auteure et interprète de cette histoire.

Make Me a Man

Make me a man

de Mai Hua

19/11/22 à 15h45

Un film bouleversant qui donne la parole aux hommes et nous offre d’accéder à la tendresse au masculin.

Les rivières

Les rivières

de Mai Hua

20/11/22 à 11h

Quatre générations de femmes réunies dans une quête pour transcender la transmission d'un héritage douloureux grâce au pardon et à l’amour.

Holyshit!

Holyshit!

de Sarah Perrig, Nicole Rossi & Sarah Marcuse

13/3/23 à 18h

De la scène à l’écran, pour le cinéma puis en ligne. Une belle métamorphose vers un format inédit pour parler de ça de manière poétique et ludique.

Holyshit! & Payot

Le texte Holyshit! publié aux éditions Chamois Rouge est en vente chez Payot et au Théâtre des Montreurs d’Images où notre petite librairie vous propose de nombreux ouvrages ressources.

Extrait de Holyshit!

Les mots se bousculent. La porte s'est ouverte. Enfin! Voilà 40 ans que j'attendais. Le flot d'images et de mots me prend d'assaut, me chavire. Puissant naufrage te voilà, qui déconstruit mon navire. Enfin! Ce solide monument marin conçu pour la tempête, pour braver le chagrin, pour fendre la houle sombre, la masse profonde de mes terreurs d'enfant.
En pièces mon armure.
Enfin.

Plus…

Les mots se bousculent. La porte s'est ouverte. Enfin! Voilà 40 ans que j'attendais.
Le flot d'images et de mots me prend d'assaut, me chavire. Puissant naufrage te voilà, qui déconstruit mon navire. Enfin! Ce solide monument marin conçu pour la tempête, pour braver le chagrin, pour fendre la houle sombre, la masse profonde de mes terreurs d'enfant.
En pièces mon armure.
Enfin.

Revenons en arrière.

Peu après mes sept ans, après avoir lu "Les mémoires d'un âne" de la Comtesse de Ségur, je décidais que si cet animal pouvait prendre la plume, je le pouvais aussi.
Et je commençais ainsi :

Je suis née à Taïwan, mais je suis apatride. J'habite dans la Drôme. Notre maison ne possède ni toilettes ni téléphone mais il y a dans la cuisine un poêle à bois contre lequel je peux coller mon dos pour lire. J’aime lire. Plus que tout. Ma maman est mi-indonésienne mi-hollandaise et mon père mi-belge mi-australien mais il habite à Londres. Moi, à l'école on m'appelle la chinetoque parce que je suis née en Chine.
Même si Taïwan ce n’est pas la Chine, c’est quand même la Chine, donc on m’appelle la chinetoque.

Et je me suis arrêtée là. Juste au moment où les maux seraient devenus mots. Juste au moment où ça devenait intéressant.
J’ai posé ma plume, je suis retournée coller mon dos au poêle et je me suis plongée dans les histoires des autres. J’ai dévoré la petite maison dans la prairie, j’ai englouti toute l’œuvre de la Comtesse, les Mark Twain, les 5 sous de Lavarède, Jules Verne et autres Maurice Leblanc. Je me suis glissée entre les pages en quête de disparition, d’absolution et d’amnésie.
Entre deux lectures j’inventais une recette, une cabane. J’ai couru la garrigue entre 2 chèvres têtues et quelques poules fugueuses. J’inventais une enfance joyeuse, insouciante et sauvage.
Oui, j’inventais. Oui, j’élaborais alors ma première mise en scène.
Et je construisais de toute pièce mon premier grand rôle.
Celui que j’allais bientôt endosser, avec talent, avec génie.
Celui qui me permettrait d’oublier.
Celui qui me permettrait de survivre et de croire.
Celui qui permettrait de montrer au monde l’image rassurante que je souhaitais qu’il me renvoie. Car, d’image de moi je n’en avais pas.

Dans l’orgasme, tout avait volé en éclat.